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Charles Gide – Le théoricien de l’économie sociale

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Sa vie

Charles Gide, oncle de l’écrivain André Gide, dont il était très proche, suit, selon la tradition familiale, des études de droit à Paris, avant de devenir professeur d’économie. A partir de 1885, il participe activement au mouvement coopératif français au sein des coopératives de consommation. Ces dernières défendent le consommateur des tromperies sur les marchandises, mais surtout, elles ont pour principe de retourner une partie de leurs excédents à leurs sociétaires, qui gagnent ainsi en pouvoir d’achat. Selon Gide, les coopératives de consommation confèrent à la classe ouvrière les connaissances qui lui permettront d’accéder à la place à laquelle elle a droit dans l’ordre social.

En 1887, il crée la Revue d’économie politique, dont il sera le rédacteur en chef jusqu’en 1932. Il participe aux premiers pas de la Ligue des droits de l’homme et de l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) et il s’implique dans le mouvement des universités populaires.

Il occupe de 1921 à 1930 une chaire au Collège de France, financée par le mouvement coopératif. Il laisse à sa mort une œuvre immense, près de 4 000 écrits, malheureusement mal connue.

Sa pensée

Charles Gide fut l’un des principaux théoriciens de l’économie sociale. Il est également l’auteur de Principes d’économie politique, publié pour la première fois en 1884, ouvrage qui a servi de référence jusqu’en 1940. On entend par « économie sociale » les mutuelles, les associations et les coopératives, le trait commun de ces structures étant qu’elles fonctionnent en vue de la satisfaction de leurs membres et non en vue de la rentabilisation maximale d’un capital. Ainsi, Gide se distingue à la fois du marxisme et du libéralisme. Il croit en la réforme sociale par la création de coopératives, en particulier de coopératives de consommation. Il suggère que les consommateurs utilisent comme levier d’émancipation les mécanismes de marché, en inversant les rapports de force, notamment ceux qui opposent le capital au travail. Le premier rôle des coopératives est en effet, selon Gide, de faire du capital un instrument au service du travail. Il croit en un système social qui serait piloté non par les profits, mais par les besoins, et non par le seul capital, mais également par le travail. Ainsi, c’est l’essor des coopératives qui permettrait à terme une auto-organisation du prolétariat.

Ses écrits

Principes d’économie politique (1884-1932), éd. L’Harmattan, 2000.

Histoire des doctrines économiques (1909), avec Charles Rist, éd. Dalloz-L’Harmattan, 2002.

Coopération et économie sociale (1886-1904), éd. L’Harmattan, 2002.