Compte-rendu de l’assemblée générale extraordinaire du 12 janvier 2017

L’assemblée s’est tenue à la mairie d’Uzès a 18hA l’ordre du jour principalement la ratification du mandat de recours à l’encontre du permis de construire engagé par le président (projet d’extension des lycées sur le terrain de l’ancienne gendarmerie).

Préalablement, présentation des risques identifiés, recours au Tribunal, Référé préventif.Discussion avant le vote, et vote

Situation à ce jour

Demande de recours gracieux faite le 12 août 16, recours rejeté le 4 octobre.Recours à l’encontre du permis de construire fait le 2 décembre.Demande de Référé préventif, élaboration en cours par la Région en liaison avec le comité.

 Risques identifiés 

Projet trop grand et trop dense pour le terrain, pas de conformité avec les règles données par les architectes du Secteur Sauvegardé et des Bâtiments de France, nous attendons toujours les études demandées à la Région : études de sol et études sur les problèmes d’eau concernant les risques de fissuration, d’inondations et détériorations liées au problème de l’eau. (Les terres perméables passant de 70% actuellement à 11% après les constructions). Voir § maquette 3D

Insécurité pour les piétons des rues avoisinantes et notamment pour les jeunes, conséquence des problèmes de circulation, du va et vient des camions, du manque de places de stationnement et de parking.

Bruit et odeurs, générés par la cantine et divers dispositifs techniques.

Perte de lumière et d’intimité pour les voisins du terrain, et plus particulièrement bruit des radios et divers appareils avec leurs musiques concurrentes.

D’où le recours contre le permis de construire, remettant en question cette construction, nous sommes en attente de la date de l’audience. Si les travaux commencent avant la date de l’audience, il est envisagé de déposer un Référé suspensif.

 Le Référé préventif

C’est un état des lieux des maisons avoisinantes. En cours d’instruction, sera déposé devant le Tribunal de Grande Instance, et permettra une expertise. Des divergences de vue en cours de discussion avec la région. Pour l’instant la Région n’inclut pas les bâtiments de la rue du Collège.

Nous pouvons être informés par nos assurances. Nous avons la possibilité d’aller à l’audience.

Une maquette 3D

Le bureau du Comité a engagé une stagiaire Julie DURAND qui a travaillé sous la direction de l’architecte (et résident de quartier) Andres Duany pour proposer une maquette 3D du projet et des maisons avoisinantes, un premier état de cette maquette a été présenté à la réunion, ainsi que des photos réunies par Anton Liss.

Cette maquette a permis de visualiser les masses des futures constructions (leur caractère de barres, hauteur et densité de la construction) par rapport aux masses bâties, beaucoup plus modestes, des maisons riveraines et des rues avoisinantes, à la morphologie du quartier. Cette différence et d’autant plus sensible que le manque d’harmonie est flagrant entre les deux types de construction.

Cette maquette matérialise aussi un problème très grave qui est celui de l’écoulement des eaux pluviales. Outre que le bassin de rétention des eaux pluviales soit de dimension insuffisante eu égard aux réglementations (rapport de Yves Prouté, expert), pour récolter les eaux pluviales en cas de fortes précipitations (d’épisode Cévenol), la maquette fait bien apparaître que ce bassin est situé en dessous du niveau du système public d’évacuation des eaux, ce qui rend impossible l’écoulement gravitaire, seul autorisé. D’où la nécessité de recourir à des pompes électriques, interdites par la réglementation. Il semble qu’il y ait là un problème technique insurmontable, et qui, en cas d’arrivée d’eau brutale sur le terrain même (et là la future construction est en risque avant même les maisons avoisinantes) et dans les locaux du sous-sol, qui sont dévolus aux activités avec les lycéens, menace les lycéens et enseignants.

 Les fouilles archéologiques

L’état des fouilles en cours est évoqué, qui arrivent à un niveau passionnant, de ce que l’on voit de chez certains riverains. Il est rappelé la découverte d’une mosaïque gallo-romaine de 25m2 et de belle qualité. Mais tous les vestiges sauf pièces rares seront totalement détruits pour la construction sur le terrain.

 Discussion

Le comité essaie de se placer au-delà des nuisances évoquées pour les riverains. Encore que certaines puissent être très graves : la détérioration et fissuration des bâtiments par différents moyens d’excavation de la roche du terrain, et la détérioration par l’humidité qui rongera les bâtiments (11% seulement de terre perméable), migration massive de l’eau minant et corrompant les sous-sols et rez-de-chaussée. Risque de perte de valeur des propriétés.

Mais c’est l’ensemble du quartier qui est concerné et sera profondément modifié, ave une grande perte d’agrément et de qualité dans l’usage, et certes une perte de valeur. La spécificité de ce quartier, avec les caractéristiques d’un ancien faubourg, un bâti harmonieux, un poumon vert et de petits jardins, de beaux bâtiments dont les anciennes Casernes du XVIIIème, actuellement le LEP, toutes caractéristiques qui en ont amené le classement en Secteur Sauvegardé. Le caractère de cette vie de faubourg, voir de village, et les relations qui en résultent seront très profondément modifiés, par l’ensemble des problèmes au quotidien. Ce projet établi dans le non-respect des formes urbaines existantes contredit absolument le but de la création d’un secteur sauvegardé qui, outre la conservation des bâtiments, est la conservation et l’amélioration de la qualité de vie qui est liée à cette morphologie urbaine, en créant, s’il le faut, les bâtiments nouveaux nécessaires, mais dans une harmonie sous tous aspects avec le caractère du quartier ancien. Plus généralement, Ariel Balmassière a rappelé que ce projet de construction, le plus important dans l’espace en centre-ville, est un premier signe sur ce que va devenir Uzès, ce qui est un enjeu pour tous les uzétiens. Le Maire, comme l’architecte du Secteur Sauvegardé, ont demandé que le projet se déploie non seulement sur le terrain de l’ancienne gendarmerie mais sur le terrain des deux lycées actuels, parties récupérables ou constructibles. Préconisations non respectées.

Pour toutes ces raisons sur lesquelles s’expriment les présents et notamment, la question : une telle procédure est-elle nécessaire et peut-on la gagner, presque tous admettent la pertinence de la position du Comité de quartier, certains voyant dans la procédure une façon de pousser la Région dans ses retranchements et l’amener à modifier son projet sur un certain nombre de points, d’autres voulant absolument une révision globale de la copie et la conception d’un autre projet.

Enfin concernant les fouilles, la destruction définitive des fouilles crée une certaine émotion, certains souhaiteraient que la mosaïque ne quitte pas Uzès mais puisse être éventuellement présentée in situ dans les futurs bâtiments construits, enfin, une moindre densité de construction sur le terrain par l’utilisation des autres terrains permettrait peut-être de conserver certains vestiges.

 Vote

Il est ensuite procédé au vote sur le mandat à donner au président pour le recours à l’encontre du permis de construire :

40 votes pour, 1 vote contre.

Le vote a été suivi par le partage de la Galette des Rois